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Vous êtes ici : Accueil / Communiqués de presse / Interview de Guy Roman, Grand Maitre de la GLMU dans Initiation Magazine

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Avec 65 loges et 1200 membres, la Grande Loge Mixte Universelle fait partie des petites obédiences Françaises. Cette obédience se défi nit comme ayant une forte aspiration vers les sujets de société. Le travail maçonnique doit s’accompagner d’un investissement à l’extérieur pour un accomplissement total.

 

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Quelle est la spécificité de la GLMU ?

A son origine, la GLMU s’est créée avec le Rite Français, mais nous avons également le Rite Ecossais Ancien et Accepté. Ce qui fait 57 loges au Rite Français et 8 au REAA. Notre obédience respire au rythme des questions de société, nous nous définissons comme mixte, laïque et démocratique.

Les grandes problématiques contemporaines font partie de nos préoccupations. L’année dernière, nous avons eu un colloque sur les nouvelles pauvretés. Cette année nous allons organiser quatre conférences dans toute la France : le sujet sera le Revenu Universel d’Existence. Ces conférences ont pour but de trouver des pistes de réflexion afin de parvenir à un projet de réalisations concrètes.

Pour le côté maçonnique, nous aurons le 28 juin un colloque fondé sur l’histoire ayant pour thème « la maçonnerie d’aujourd’hui à demain. Comment l’extérioriser ? ».

Ces colloques, avec les deux pôles sociétal et maçonnique, permettront aux Soeurs et Frères, mais aussi aux profanes, d’avoir un éventail large du travail que nous faisons à la Grande Loge Mixte Universelle.

 

Les positions sociétales de la GLMU sont-elles critiquées en interne ?

Quand j’ai proposé ces conférences, j’ai eu l’unanimité au sein du Conseil de l’Ordre. L’engagement de l’obédience est un acquis que personne ne souhaite remettre en cause. Les manifestations que nous organisons ont une bonne retombée, en interne comme en externe.

Je considère que le travail symbolique, pour qu’il soit le plus complet possible, doit trouver chez nous le pendant social et les outils pour oeuvrer à l’extérieur du Temple.

 

Elire un Grand Maître pour un an, est-ce ce que l‘on peut appeler la continuité ?

Cela fait deux fois que nous avons un Grand Maître pour seulement un an. C’est la démocratie qui est respectée Si vous voulez être Grand Maître dès votre première année, vous pouvez rester trois ans, mais beaucoup deviennent Grand Maître après un ou deux ans de formation au sein du Conseil de l’Ordre, ce qui est mon cas.

Certains pourraient considérer que cela représente un frein à la continuité. Je ne le pense pas. L’expérience formatrice est irremplaçable même si un an semble peu pour entreprendre et pérenniser de grands projets.

 

Pourquoi le concept de maçonnerie française ne marche pas ?

Cela voulait dire que certains étaient considérés comme en faisant partie, et d’autres en étaient exclus.

Aujourd’hui, le label « maçonnerie française » n’existe plus, mais il reste la volonté commune des 9 obédiences « de la Maçonnerie française » de travailler ensemble. En effet, les Grands Hospitaliers, les Grands Secrétaires et les Grands Trésoriers se rencontrent régulièrement. Les Grands Maîtres le font aussi périodiquement lors de dîners.

 

Est-ce que la diversité peut conduire à un manque de cohésion ?

Non. Si nous respectons nos différences et nos spécifi cités, il n’y pas de problèmes. Les impétrants

qui veulent frapper à la porte ont le choix et peuvent trouver la maçonnerie qui leur convient.

A la Grande Loge Mixte Universelle nous travaillons régulièrement sur les problèmes de société. Ce qui ne nous empêche pas par ailleurs de travailler le symbolisme. Je ne dirais jamais à un profane, il faut venir chez moi. Je l’écoute et lui laisse le libre choix de son orientation.

Le profane qui frappe à la porte, est un être en demande qui sait plus ou moins ce qu’il cherche. Si c’est pour qu’il s’en aille parce qu’on l’aura mal orienté en fonction de ses aspirations, c’est un échec pour l’obédience et par la même pour la maçonnerie.

Si chacun respecte l’autre sans chercher à faire de l’entrisme forcené, il n’y a aucune raison pour que la diversité ne soit pas une richesse.

 

Comment la maçonnerie peut-elle s’extérioriser ?

Pour qu’elle s’extériorise, il faut déjà qu’elle soit unie. Quand l’une ou l’autre des obédiences organise un colloque ou une conférence, il est capital que tous les Grand Maîtres et Grandes Maîtresses invités, soient présents. Ce qui n’est pas toujours le cas, et même rarement le cas. Il n’est pas question de parler d’une seule voix, mais déjà montrer que nous sommes soudés et solidaires.

Les dégâts collatéraux de l’abandon du label « la maçonnerie française » sont à chercher ici. Toutes les obédiences sont solidaires, mais dans l’action, les obédiences organisatrices d’évènements restent souvent isolées, car chacun reprend son indépendance.

Il est aussi possible que les grosses obédiences acceptent mal de devoir discuter avec des petites structures selon le principe « une obédience, une voix » quel que soit le nombre d’adhérents. La difficulté est de savoir si les grosses obédiences acceptent d’avoir le même poids que les toutes petites.

 

La maçonnerie est-elle absente des grands débats de la société ?

Pas exactement. Mais ce qui est sûr, c’est qu’elle n’est plus écoutée comme cela était le cas au siècle dernier. Depuis la loi sur l’IVG, il n’y a rien eu d’autre. Est-ce la maçonnerie qui a perdu de son prestige ou alors est-ce le résultat de nos réfl exions qui n’est pas assez riche ou éclairé ? Le débat s’est aussi beaucoup démocratisé. Journaux, télé, Internet, Blog, la réflexion appartient à toutes et tous, et pas uniquement aux seuls francs-maçons.

 

Où en est le projet de rapprochement avec la Grande Loge Mixte de France ?

Il y a eu une commission paritaire GLMU/GLMF qui s’est réuni trois fois. Bien que ce soit une idée intéressante, cela a mal été présenté parce qu’elle est partie du haut et pas de la base.

Le point concret, c’est que cela a permis des tenues communes dans certaines régions, gommant ainsi des tensions anciennes. Cependant dans certaines régions où les scissions du passé se sont faites dans le « sang », aucun rapprochement n’a pu se faire.

 

Y a-t-il une volonté des deux parties ?

Le rapprochement est encore loin. Le but initial était de dire que la maçonnerie a toujours connu des

scissions, pour une fois, créons une réunification. En prenant le problème dans l’autre sens, la maçonnerie de l’après-guerre avait 45 000 membres. Aujourd’hui, nous sommes 140 000.

Le développement de la maçonnerie ne passe pas forcément par le rapprochement des obédiences entre elles.

Dans un sens, j’ai l’impression que l’on cherche à faire du chiffre. Travailler à faire de la quantité ne m’intéresse pas. C’est la qualité qui va faire rester les maçons et faire venir les profanes

 

Quel est le profil du maçon de la GLMU ?

C’est une Soeur ou Frère qui connaît nos fondamentaux, qui est ancré dans les problèmes humains et qui s’implique dans la vie sociale. Bien entendu tous ne sont pas des acteurs dans la cité, mais tous sont attirés par le regard que nous portons sur la société.

 

La GLMU n’a pas de Hauts Grades ?

Effectivement. L’obédience s’arrête aux Loges bleues. Nous avons le GCMU (Grand Collège Mixte Universel) qui est une autre obédience, qui elle gère les autres grades. Il n’y a pas d’interférence entre l’une et l’autre des structures.

 

Est-ce qu’on peut exiger quelque chose des maçons ?

On peut regretter un manque d’investissement de certains maçons, mais on ne peut rien exiger. Le maçon a fait des promesses lors de son initiation. C’est à lui de regarder le chemin parcouru entre les colonnes, mais aussi à l’extérieur quand les travaux sont terminés.

 

 

par Nicolas GEORGES
Directeur de la Publication

d'Initiation Magazine